Cette année, la rentrée n’avait pas tout à fait le même goût. Depuis le 1er septembre, je suis à 100% indépendante. Jusque-là, je naviguais entre un trois-quarts de temps salariée et un petit quart d’activité à mon compte. Le filet de sécurité était là, bien tendu sous mes pieds. Et puis un jour, on se dit que ce quart d’heure de courage mérite d’être transformé en vrai saut. Alors j’ai sauté.

Je ne vais pas te mentir : j’ai eu le ventre noué pendant quelques mois. Pas un petit pincement de rien du tout, plutôt cette boule qui s’invite quand tu sais que tu fais le bon choix mais que ton corps, lui, n’a pas lu le mémo. Je me réveillais à 6h avec des listes dans la tête, et la liste du matin n’était jamais la même que celle de la veille.
Le grand ménage administratif
Parlons-en, des listes. Quand tu es salariée, plein de choses se font un peu toutes seules, sans que tu t’en rendes compte. Mutuelle, prévoyance, tout ça arrive dans ta vie comme par magie, avec un petit logo en bas du bulletin de paie. En passant à mon compte, j’ai découvert que la magie, c’est moi.
Il a fallu chercher une nouvelle mutuelle, comprendre ce que recouvrait vraiment une prévoyance (spoiler : j’ai relu certaines pages trois fois avant que ça fasse sens), et dénicher une responsabilité civile qui colle à mon métier. Parce que oui, une prof de chant qui accompagne des élèves, dirige une chorale et joue de l’autoharpe dans des salles de mariage, ça ne rentre pas dans la case standard. J’ai appelé, comparé, posé mille questions (certaines un peu naïves, assumées), et j’ai fini par trouver ce qui me ressemble.
Le plus drôle, c’est que chaque papier signé m’a fait un bien fou. Un petit rond de fumée de stress qui s’évapore, un à un. Je ne dis pas que c’était amusant, je dis que c’était étonnamment apaisant d’avancer pas à pas plutôt que de regarder la montagne en entier.

Et pendant ce temps, la musique reprend
Parce que la vie, elle, ne m’a pas attendue pour recommencer. En septembre, les cours de chant ont repris, la chorale aussi, et j’ai retrouvé avec une joie presque enfantine ces voix que j’adore, celles qui hésitent, qui se lancent, qui rient de leurs propres fausses notes. C’est exactement pour ça que je fais ce métier. Entendre quelqu’un chanter un peu plus librement qu’il y a un mois, c’est mon carburant personnel.
Et comme si le calendrier avait voulu me tester, les weekends sont bien remplis jusqu’au 18 octobre : mariages, prestations musicales, de belles fêtes où je glisse mon autoharpe entre les invités et le gâteau. Je ne m’en plains pas du tout, c’est même le meilleur des signes. Mais autant te dire que mon agenda ressemble par moments à un puzzle dont j’aurais perdu la boîte.
L’inconnue de la mi-octobre
Reste la partie un peu floue, celle dont je parle moins volontiers. Jusqu’à mi-octobre, les cours de chant individuels et la chorale sont en période d’essai. Les unes testent, les autres se demandent si ça va leur plaire, et moi je regarde les inscriptions arriver avec un mélange de confiance et de petit cœur qui bat. Je ne sais pas encore à quoi ressemblera ma saison. Et tu sais quoi ? J’apprends à vivre avec cette incertitude, un peu comme on apprend à tenir une note longue : en respirant, sans se crisper.
Ce que je retiens, pour l’instant
Si je devais résumer ce début de parcours, je dirais que le stress et la joie ne s’excluent pas du tout. Ils voyagent ensemble, assis côte à côte sur la banquette arrière. Je suis fatiguée, je suis émue, je suis un peu dépassée, et je suis surtout très heureuse d’avoir osé.
Alors si toi aussi tu as une envie qui te trotte dans la tête depuis longtemps, que ce soit chanter, te lancer, changer quelque chose, sache que le ventre noué ne veut pas forcément dire « stop ». Parfois, il dit simplement « enfin ».
À très vite, quelque part entre deux répétitions et une envolée d’autoharpe




